Parmi les différentes formes de signalétique présentes dans l’espace urbain, la podotactilité est un élément de plus en plus présent. Aussi connue sous le terme “bande d’éveil de vigilance”, se cache l’idée que des informations peuvent être proposées via un canal a priori peu utilisé: le tactile. Mais un tactile moins à la mode que celui qui vous permet de manipuler les interfaces de votre iPhone ou de Microsoft Surface puisque ce sont les pieds (podo-) qui sont mis à contribution. Même si ce genre d’élément s’adresse en premier lieu aux déficients visuels (la photo ci-contre provient de San Diego en Californie), il concerne tous les usagers de l’urbain. Ceux-ci apprennent alors à redécouvrir le sol et de nouvelles sensations à travers les chaussures.
Par ailleurs, il est intéressant de constater qu’au fil du temps, la signalétique s’accumulant dans la ville, il a fallu trouver des réponses permettant de ne pas trop surcharger l’environnement. Deux solutions s’offrent alors: utiliser des éléments invisibles (et c’est la solution du numérique qui émerge) ou alors proposer de nouveaux canaux d’information comme dans le cas des dalles podotactiles.
Le bourgeonnement de tels dispositifs (c’est le cas de le dire lorsque l’on voit l’exemple ci-dessus rencontré à Lyon en France) mène à la fois à des formats différents (bandes, cloutage) mais aussi à une inflation informationnelle sous nos pieds. Pour autant, ce type de signalétique est intéressant car elle permet des formes nouvelles de guidage. Les bandes ci-dessous permettent ainsi une accompagnement vers un endroit particulier de Genève alors que les “pods” présents sur les quais de tram ou les coins de trottoirs témoignent d’une nécessité de faire attention à une limite. C’est du coup tout un vocabulaire d’interaction avec la ville que l’on construit de manière plus ou moins consciente.
Avec ce système par proprioception, c’est la texture, foulée, qui définit les limites et un espace de navigation. Suivant les chaussures que l’on porte, la sensibilité se fait différente. La création de podotactiles pertinents (qui fassent sense) et résistants (qui durent) devient un enjeu intéressant. Surtout lorsque l’on pense à l’ensemble des questions auxquelles les urbanistes et autres parties prenantes de la ville doivent faire face: le podotactile devient un élément de plus dans les assemblages socio-technique de l’urbain.
Nicolas Nova