Laboratoire

de la ville du futur

A quoi servent les parcs et les arbres en ville? L’arbre en ville n’est pas décoratif ! Partie 1

A quoi servent les parcs et les arbres en ville? L’arbre en ville n’est pas décoratif ! Partie 1

Robert Perroulaz

Dendrologue

Chargé d’enseignement HES.



L’arbre en ville est un incroyable concentré de technologies qui agit 24 heures sur 24 sur le climat urbain et sur notre bien-être.

L’arbre citadin filtre votre air, retient les poussières et particules fines, piège une petite partie du carbone émis par un véhicule à moteur, gère l’eau des intempéries, atténue le bruit et les ardeurs du soleil, augmente la durée de l’asphalte de la rue, réduit notre facture de climatisation.

Pourtant, cet arbre précieux est toujours la première victime de toutes les crises économiques. Chaque fois qu’il faut réduire des dépenses, c’est sur le dos des plantations que se font les économies.

Il est temps de reconsidérer positivement les arbres urbains, car, même si ceux-ci représentent un coût pour la municipalité (plantation, entretien, taille, ramassage des feuilles, et finalement abattage), durant toute leur vie, ils contribuent à très peu de frais à l’amélioration de la qualité de l’air et au climat de la cité.

Chercheurs et autorités des villes commencent à sortir leurs calculettes pour évaluer scientifiquement le bénéfice que leur apportent les arbres de leur métropole.

Quelques exemples :

Le bénéfice comptable des arbres de la ville de Charlotte en Caroline du Nord

L’étude prend en compte les 85′146 arbres qui sont entretenus par les services de la Ville. Ces arbres représentent environ un arbre pour 7 habitants.

Les arbres réduisent l’impact des eaux de pluie de la ville. Un arbre intercepte 9′105 litres d’eau, soit pour la ville de Charlotte 792′680 m3 par an, ce qui permet une économie sur la mise en place et l’entretien des canalisations nécessaires pour l’évacuation des eaux de 2.1 million de $, soit 24$ par arbre.

L’ombre des arbres de la ville permet une économie de l’énergie destinée à la climatisation pour un montant de 914′000 $, ce qui résulte en une économie de 11$ par arbre.

La séquestration et la réduction des émissions de CO2 par les économies d’énergies dues aux arbres de la ville s’élève à 13′327 tonnes. S’il fallait réduire ces émissions par d’autres moyens il faudrait dépenser 198′500$. De ce fait, chaque arbre apporte un bénéfice de 2.33$ par arbre et par an.

Les arbres de Charlotte réduisent aussi les niveaux d’ozone, dioxyde d’azote, dioxyde de soufre et particules fines, de 38′935 kg par an. Les arbres purifient l’air urbain pour l’équivalent de 36′270$ par an.

Le bénéfice écologique total, estimé en y associant la plus value esthétique et l’augmentation de la valeur de l’immobilier arboré, est évalué à 2′760′000$ pour la ville de Charlotte, ce qui nous donne 32$ par arbre et par an.

Sources:

City of charlotte, North Carolina Municipal forest resource analysis, 2005

http://www.urbanforestrysouth.org/resources/library/city-of-charlotte-north-carolina-municipal-forest-resource-analysis/

La qualité de l’air de la ville de Washington DC

Par leur respiration et transpiration, les arbres provoquent des échanges de gaz qui permettent entre autres de capturer les particules fines qui sont causes de multiples problèmes de santé. Un arbre mature permet d’intercepter 25 kg de particules fines par an (Dwyer & al).

L’arbre a la capacité de soustraire de l’environnement des polluants toxiques tels que le dioxyde de carbone, dioxyde de souffre, dioxyde d’azote et ozone. L’étendue de cette action dépend bien entendu de sa quantité de feuilles et de la qualité de ses stomates. La concentration d’ozone augmente d’1 % avec l’augmentation de la température d’1°C (Dwyer & al). Non seulement les arbres permettent d’absorber directement une partie de l’ozone, mais également d’en réduire la concentration en abaissant la température estivale dans la ville.

Par le biais des programmes d’inspection et de mise en place de filtres à particules, la population dépense annuellement des millions pour contrôler les émissions de particules fines. Si l’on utilise la même méthode de calcul, l’arbre retient pour 4.16 dollars de particules fines par an. (Dwyer & al)

Exemple la réduction de coûts occasionnés par la pollution de l’air grâce aux arbres de la capitale américaine:

Sources:

Peter Harnik & Ben Welle, Measuring the economic value of a City park system, 2009

http://walkandbikeforlife.org/Articles/Measuring%20Economic%20Value%20City%20Park%20System.pdf

JF Dwyer, GL Peterson, & AJ Darragh 1983, Estimating the value of urban trees and forest using the travel coost method. 1983

http://joa.isa-arbor.com/request.asp?JournalID=1&ArticleID=1894&Type=2

Economie sur les revêtements bitumineux des chaussées

En été, le revêtement des chaussées devient extrêmement brûlant et la température de l’asphalte peut atteindre plus de 50° C. A cette température, tout le monde sait qu’il est déraisonnable de vouloir traverser la rue pieds nus; ce qu’on sait moins, c’est qu’à cette température élevée ce revêtement se déforme et se détériore très rapidement.

A Modesto en Californie, une étude démontre des économies possibles sur l’entretien des routes en plantant des arbres le long des boulevards de la ville. Dans cette étude, on a observé que le revêtement bitumineux des rues sans arbres était refait 6 fois en 30 ans. La fréquence était réduite à 5 fois lorsque la rue était bordée de petits arbres et 2.5 fois si la rue était recouverte d’arbres. Le prix de la réfection du revêtement bitumineux a été estimé à 2.04$ par m2.

Si l’on applique cela pour un segment de route :

Sources:

Center for Urban Forest Research, Why shade streets? The unexpected benefit. 2008

http://www.fs.fed.us/psw/programs/cufr/products/cufr_673_WhyShadeStreets_10-06.pdf

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