Architectes:
Cyril Lecoultre, Philipe Gloor et Laurent Gaille
Réalisations :
Immeuble d’habitations - Founex (VD) - 2007
Création d’appartements dans une ferme - Founex (VD) - 2007
Aujourd’hui le public est peu sensible à l’architecture, c’est le reflet de la communication des architectes. Qu’en pensez-vous ?
Y a-t-il un intérêt aux « non-architectes » à comprendre l’architecture ?
Autre que les sites internet, votre bureau a-t-il eu des expériences en termes de communications ?
Aujourd’hui, l’architecture, ou plutôt l’mage de l’architecture est devenue un bien de consommation courant. Des magazines spécialisés aux émissions de télévision, l’image des bâtiments de demain se vend très bien et le nom des architectes-stars est devenu une marque qui s’appose aussi bien sur un meuble, que sur un quartier. Si la profession retrouve par ce biais une place utile dans la société et un outil de communication avec un public plus nombreux, on ne peut que s’en féliciter.
L’architecte doit pouvoir expliquer sa démarche et entretenir le dialogue avec les personnes qui vivent dans l’environnement bâti qu’il contribue à modifier chaque jour. Mais est-ce que cet environnement se résume à une collection d’objets que l’on retrouve indifféremment à Londres ou à Dubaï? Car on produit et consomme avant tout des images d’une architecture d’exception qui multiplie à l’infini ses effets de manche. Et bien souvent, cette architecture de l’image se fait au détriment du lieu dont elle méprise la banalité. C’est pourtant là que se situe le véritable objet du travail de l’architecte. Le projet concerne avant tout la construction d’un lieu, dans la continuité de son histoire et avec ses habitants. S’il produit de l’exceptionnel c’est avec les matériaux du quotidien, avec ce qui est déjà présent. Il révèle souvent quelque chose qui existe déjà à cet endroit, mais que l’on avait oublié de voir à force de le côtoyer. C’est du moins de cette manière que nous aimons regarder ce qui nous entoure pour le partager en faisant ce métier.