Se baigner en pleine ville, dans le Rhône, peu de Genevois le font. Aucun aménagement n’y encourage et les accès à l’eau sont difficiles. Mais cela pourrait changer. Pierre Maudet, directeur du Département de l’environnement urbain de la ville, cite l’exemple de Zurich, où les citadins se sont réappropriés la Limmat: «A Genève le débat s’est focalisé sur l’accès au lac et on semble avoir négligé les fleuves et rivières. Les rives du Rhône sont actuellement très minérales avec des arrêtes tranchées. Pourquoi ne pas retravailler les berges, pour y flâner plus librement et s’y baigner, moyennant des dispositions de sécurité?»
Il existe des plans d’eau «tout à fait propices à la baignade entre le Pont des Bergues et le Pont de la Machine», estime le Conseiller administratif, qui pense aussi à la Pointe de la Jonction comme site à revaloriser.
L’exécutif genevois va donc poursuivre une réflexion amorcée il y a plusieurs années sur le rapport de la ville avec ses cours d’eau. Une relation ancienne, liée à l’histoire de la Cité de Calvin, comme le souligne Francesco della Casa, rédacteur en chef de la revue d’architecture Tracés: «Genève est vraiment la ville qui s’est inventée au bord de l’eau au 19e siècle par l’opération de la rade. Pour les fleuves, il y avait autrefois surtout les lavandières, et l’utilisation des forces motrices. Ce n’est que récemment qu’on a découvert le potentiel culturel et récréatif du Rhône. Mais il faut une réflexion en profondeur sur l’espace public qui fasse sens, et pas se limiter au gadget politique».
Alexandre Habay