EDITORIAL DE LA SEMAINE

Dès le 11 octobre 2010: les “Urbanités” passent le relais à “InterCités”

Par Yann Gerdil-Margueron

Des fermes urbaines pour économiser l’énergie

Fermes verticales dessinées par Chris Jacobs de “Vertical Farm”L’agriculture est à l’aube d’une révolution. Elle pourrait bientôt s’implanter, voire s’intégrer dans nos zones urbaines. Un biologiste américain, le Docteur Dickson Des pommiers de l’Université de Columbia, projette en effet de construire des tours au centre des villes, dans lesquelles on cultivera des fruits et légumes pour nourrir plus efficacement les hommes de demain, avec, à la clé, une réduction drastique de la consommation d’énergie.

Cette agriculture citadine s’opère sous serres, afin d’en assurer l’exploitation tout au long de l’année et de réaliser ainsi des gains d’espace : la production sous serre permet d’utiliser jusqu’à 6 fois moins de surface que la culture en plein air. Pour les fraises, c’est même trente fois moins.

Et cette vision d’avenir a déjà traversé l’Atlantique. A Paris, un bureau d’architectes planche sur un projet qui s’inspire de la vision de Dickson Despommiers. Comme l’explique Augustin Rosenstiehl, architecte-ethnologue, du bureau Soa Architectes qui développe en ce moment une ferme-immeuble sur les Champs-Elysées à Paris, le seul problème, c’est la question du foncier. Si l’on tient compte de celui-ci, le prix de la production de bananes que le bureau cultive sur les Champs-Elysées s’élève à 20 franc le kilo !

« Mais, poursuit Augustin Rosenstiehl, si l’on fait abstraction du foncier, alors l’agriculture en ville, gérée par quartier ou arrondissement se révèle au final bien moins coûteuse en termes énergétiques. » De nombreux pays étudient actuellement l’opportunités de développer des fermes urbaines : Etats Unis, Pays Bas et même la Suisse s’y met.

Ainsi à Genève, les ingénieurs agricoles travaillent depuis plusieurs mois sur l’installation de serres sur les toits des immeubles…. Avec un premier projet: une serre sur le toit de la future nouvelle école d’ingénieurs, au centre-ville, indique Horace Pictet, chargé d’enseignement dans la filière agronomie de la HES de Lullier. Un projet-pilote qui pourrait conduire les autorités à développer tout un réseau de fermes verticales à termes.

Alphonse Allais disait que pour le bien-être des citadins, on devrait installer les villes à la campagne. Si l’on veut pouvoir nourrir les urbains de demain, il faudra installer des bouts de campagne en ville.

Philippe Nanzer & Yann Gerdil-Margueron

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